Deux bébés, un avion et moi

Cette semaine, c'est l'aventure de Charlotte, jeune maman de 2 garçons qui nous raconte sa dernière épreuve...

Le Besoin

On dit que l’arrivée d’un bébé est un tsunami dans la vie d’un couple. De mon ressenti, je vous dirais que c’est vrai. Bien sûr, on me l’a dit avant. J’ai souri, mais intérieurement, toute pleine de cet orgueil de "celle qui ne sait pas”, je n’y ai pas cru. Hé hé ! Deux ans après, elle est bien loin cette innocence, et mon ancienne Moi me fait beaucoup rire aujourd’hui.

Avec mon mari, on est joueurs ! Il nous aura fallu un an pour être vraiment rôdés comme jeunes parents. Du coup, le mois suivant, on a remis ça. Et de nombreuses semaines plus tard, nous sommes quatre. Mes fils ont 21 mois d’écart.

Pour certain(e)s, je suis folle. Certains jours, je partage leur avis… Mais la plupart du temps, malgré la fatigue, le look épouvantail, l’absence d’activité personnelle, je suis la Maman la plus fière et la plus heureuse du monde.

Mais la légende continue d’être vraie… Si moi, malgré la fatigue, je me sens plutôt sereine les premières semaines, ma maison, elle, s’étiole par manque croissant d’organisation et de ménage. Et mon mari est encore en plus mauvais état, je crois...

Cette nouvelle vie à quatre l’a complètement désarçonné. Il est épuisé, se sent délaissé, dépassé par le rythme frénétique orchestré par deux enfants en bas âge…
Au début, j’essaie de l’aider, mais rapidement je n’ai plus l’énergie nécessaire pour tout gérer. 

Bref, avant de me mettre à feuler comme une tigresse et lui griffer le visage, je décide donc qu’il faut que je parte en vadrouille avec mes enfants pour souffler. C’est là que tout commence !

La Réservation

A ce moment-là, deux options s’offrent à moi. Aller chez une amie, qui je le sais, prendra soin de nous trois ou aller chez mes parents, qui viennent d’emménager en Dordogne. Dans les deux cas, c’est une dizaine d’heures de voyage, pauses comprises.

Mon mari n’est pas très chaud à l’idée que je parte si loin en voiture. Il me trouve trop fatiguée pour faire la route seule avec les deux enfants. Mes parents nous proposent alors de nous offrir l’avion. Alléluia ! Le problème est réglé !

En réservant, je découvre que le Low cost est quand même deux fois moins cher que les grosses compagnies (toutes options comprises). Mais je me vois obligée de décaler mes dates de voyage. En effet, on ne peut pas voyager seul avec deux bébés. Je dois attendre que mon fils ait 2 ans révolus. Son anniversaire étant à la fin de l’été, je voyagerai avec un enfant de 2 ans et un bébé de 3 mois. Même pas peur ! 😎

Il faut que je fasse rapidement la carte d’identité de mon petit. Les photos sont affreuses parce que je ne peux pas lui tenir le cou, sa tête est complètement affaissée sur ses épaules. Je me dis que ça fera un souvenir rigolo (enfin j’éviterai de lui sortir à l’adolescence quand même !).

Après quelques échanges de mails avec la compagnie, j’apprends que j’ai droit à deux bagages à main, un sac à langer, ainsi que deux articles bébés gratuits (poussette, siège, etc.). Je décide alors de ne réserver qu’une valise de 23 kilos en supplément. Nous aviserons pour les articles bébé. Etant seule, je ne veux pas me surcharger.

On m’informe également que je dois fournir un siège auto compatible pour le décollage et l’atterrissage de mon grand. Ça, il faut le dire, ça ne m’arrange pas !

La Préparation

Environ trois semaines avant notre décollage, je fais livrer chez mes parents le minimum vital : couches / laits / produits d’hygiène. En effet, étant un peu psychorigide, je tiens à rester sur des produits safe pour mes bambins et écologiques (autant que possible) et on ne trouve pas toujours ce qu’il faut partout. Là au moins, pas besoin de courir partout en arrivant !

La semaine avant le voyage a été très bien remplie (il faut dire aussi qu’on part le lendemain de l’anniversaire de mon grand, donc j’ai un deuxième événement dans les tuyaux !). Je fais les gâteaux d’une main, la valise de l’autre. Ahah ! Je suis peut-être un peu zinzin tout compte fait !

Remplir une valise pour trois, c’est un peu sport ! Pour les enfants, je suis obligée de prendre du chaud et du léger. Une fois leurs trousseaux respectifs tassés, il me reste juste de la place pour trois culottes et une petite robe. Et là me vient une idée stupide, mais vraiment stupide ! Mettre tout le matériel électronique dans mon sac à dos. Je me dis que ça ne sera pas perdu en cas de perte de valise...

La veille du grand jour, je prends le polaroid de mon mari que je glisse dans le petit sac à dos à doudous de mon fils. (Vous verriez comme il est fier de son sac !) Cette petite photo ne survivra d’ailleurs pas au voyage, car chaque soir, pour exorciser un peu le manque, elle en a reçu des câlins et des bisous baveux plein d’amour…


Le Vol

Nous partons de la maison à 5 h 40. (Mille fois trop tôt !) Les enfants ne le vivent pas très bien mais se rendorment assez vite et la longue route jusqu’à l’aéroport se passe nickel. Arrivés à l’aéroport, il nous reste une heure, et d’un coup, sueurs froides : « Est-ce que ça va suffire ? »

A l’enregistrement des bagages, je suis dépitée quand ils m’annoncent qu’en fin de compte, pas besoin du siège auto, il va être mis en soute, sans aucune protection.

Mais bon pas le temps de rêvasser, on file faire la queue pour la douane. Mon mari nous laisse. Je garde mon grand dans la poussette, le petit en écharpe. Je réalise que la queue est interminable, parce que tous les vols passent en même temps.

Arrivés aux bacs, il faut que je vide l’intégralité de mon sac (là, je regrette amèrement ma fausse bonne idée), que je replie la poussette, et que j’enlève mon écharpe de portage ! Mon grand de deux ans va juste exploser ! Entre la fatigue, la foule, son père qui vient de partir, mon stress, il se roule par terre, hurle, pleure. Il est submergé. Les agents décident de nous fouiller tous les trois… Oui, les enfants aussi. Il faut leur accorder qu’ils sont consciencieux dans leur job !! Humpf…

Au bout de la file, je me retrouve avec mes deux enfants qui hurlent, toutes mes affaires éparpillées, ma poussette qui tarde à arriver, je ne sais pas où il faut aller… Je suis au bord d’exploser, entre rage et désespoir !

J’ai la chance qu’un adorable couple 😘 vienne à notre secours. Ils partent en Grèce et leur vol est dans un bon moment. Le monsieur range mes affaires, la demoiselle met mon grand dans la poussette, je remets vite mon écharpe et je me laisse guider. Plusieurs fois, la voix stressante du haut parleur prévient que les portes de notre vol vont se fermer.  Définitivement trop chargée, je finis la course à travers les couloirs complètement vidée !

On arrive in extremis. J’ai à peine le temps de remercier correctement nos sauveurs ! Le steward me dit que la poussette ne va pas en cabine car ce n’est pas un modèle yoyo (késaco ?!). Devant mon désarroi et ma mine déconfite, il me fait un clin d’œil et me dit qu’il va se débrouiller. Ouf !  

J’attache les enfants et enfin, tous les muscles de mon corps se détendent. Le vol se passe super bien. Bébé reste hyper sage sur mes genoux et mon grand, placé côté hublot, est trop heureux de l’expérience ! En plus, on prend le ptit déj’ dans l’avion ! C’est la classe, Maman !! La grosse heure qui nous sépare de notre destination passe inaperçue. Sans doute, le meilleur moment de ce voyage !

Mais à l’arrivée, on déchante.

Le personnel de vol m’aide à remettre mon fils dans la poussette mais on est largué dans un micro hangar sans caddy ! Derrière les portes, j’aperçois mon père qui nous attend. Je me retrouve alors en situation hyper compliquée pour tout sortir. Il faudra encore une fois que je demande de l’aide à de gentils voyageurs qui accepteront de passer à mon père, la poussette et la valise.

Et là pompon de la pomponette en arrivant près du tapis des bagages hors norme, je retrouve le siège auto en morceaux ! Oui, oui : en morceaux !!! Là, j’explose ! On m’a demandé de le prendre, il s’est retrouvé en soute et au final, il est mort ! Sans même réfléchir à l’après, je visualise juste le “Comment je ramène mon fils dans cette épave alors qu’on a encore une heure de route ?!” Je cale les morceaux comme je peux et je demande à mon père de rouler comme une crème de moule, interdiction formelle de doubler !

Il me faudra quelques heures après notre arrivée chez mes parents pour que la pression redescende et pour enfin commencer à me mettre en mode “vacances”.

Avec le recul, c’était très optimiste de ma part d’envisager ce vol seule avec deux bébés. J’ai d’ailleurs dit à mes parents qu’on oubliait l’avion quelques années, dussé-je faire la route sur deux jours !

Et vous, votre voyage en avion ? Fiasco ou fiesta ?

 

Photo de Hanson Lu sur Unsplash


1 commentaire

  • Chouette article ! C était ambitieux… et cela restera un souvenir familial malgré tout ! Personnellement, j avais opté pour le train avec une grande de 3 ans et 2 bébés de 4 mois en cosy, l’idéal quand même : des soutiens au départ et à l’arrivée, une poussette jumeaux en sécurité et un sac à dos pour nous 4.

    Aurelie

Laissez un commentaire

Ce blog est modéré