Montessori dans ma maison

J’ai découvert la pensée Montessori durant ma première grossesse. Une copine m’a offert Vivre La Pensée Montessori de Emmanuelle Opezzo et le célèbre 60 activités Montessori pour mon bébé de Marie-Hélène Place. Cette copine me connaissait un peu bien quand même. J’ai beaucoup aimé ces deux livres. Particulièrement le premier, qui détaille bien les valeurs, concepts, astuces, activités. Je l’ai trouvé vraiment complet !

Mais comme dans tous les livres, toutes les merveilleuses propositions d’éducation bienveillante, il faut garder de la distance et sélectionner ce qui nous convient. Laissez-moi vous partager mon approche Montessori ! Hi hi..

Les valeurs Montessori

Maria Montessori (1870-1952) est une psychiatre, pédagogue et philosophe italienne. C’est en suivant des enfants en situation de déficience mentale qu’elle découvre le matériel éducatif et sensoriel des docteurs Jean Itard et Edouard Séguin. Elle s’en inspire alors pour créer des espaces innovants pour les enfants. La particularité de son approche, c’est de considérer l’enfant comme une personne à part entière. Finis les rapports de force, les quêtes de pouvoir. On ne cherche plus à contrôler son enfant, imposer son point de vue ou à avoir raison. On ne vise plus non plus à projeter sur notre enfant nos espoirs, attentes ou rêves.

Non, nous sommes le partenaire de confiance de notre enfant. Nous lui construisons un environnement sécurisant et adapté à ses besoins. Notre rôle, auprès de notre enfant, est avant tout d’apporter aide, protection, sécurité et de prendre le temps de le comprendre, le soutenir et l’accompagner affectivement, émotionnellement et socialement. Je pense que la majorité des parents (nous compris) sont intellectuellement d’accord avec cette vision généreuse et bienveillante de l’éducation.

Ma réalité

Néanmoins, la société a évolué depuis un siècle. Les femmes en majorité travaillent. Le rythme de vie est souvent speed. Il m’apparaît compliqué de suivre à la lettre cette vision un peu utopiste de l’éducation. C’est une excellente source d’inspiration, à décliner à l’infini aux besoins de nos enfants. Les premiers mois Les débuts avec un bébé peuvent s’avérer difficiles et désarmants.

On est assailli par la fatigue mais aussi (et surtout) parce qu’on peine à comprendre les ressentis, désirs, besoins de baby-chou. J’ai éprouvé beaucoup de difficultés à proposer des choses à mon premier. J’avais peur de trop le stimuler, ou au contraire pas assez. C’est dire la pression que je me mettais dès le départ !! Il avait à peine un mois quand j’ai senti que le rythme popo/lolo/dodo ne lui suffisait pas. Il avait aussi besoin d’exploration, de découverte. J’ai commencé par introduire les balades quotidiennes. Je suis sortie quasiment par tout temps. Ça faisait un peu halluciner mes voisins d’ailleurs ! Hi hi…

Au fil des semaines, j’ai découvert son petit regard se promener partout, être ébloui par le soleil ou découper les ombres dans le ciel. Mais revenus à la maison, retour au point de départ ! Comment j’occupe mon petit, entre ses siestes ? Un peu perdus, comme souvent quand on est jeunes parents, on a repris les livres (susnommés), on a fouillé sur le web et on a appliqué. Mon mari a construit un mobile de Munari, vous savez ce mobile noir et blanc, géométrique. Bébé semblait apprécier de le regarder. J’ai également réaménagé sa chambre, en créant des espaces bien distincts. Dans l’espace de « jeux », j’ai mis des dalles colorées au sol et un tapis d’éveil, un portique mobile, une petite étagère accessible où les jeux étaient classés par thème et un miroir qui longeait le mur. Avec le recul, je pense que cet espace était plutôt une réussite ! On a passé beaucoup de temps à jouer devant le miroir.

Je suis globalement une adepte de la motricité libre et mon fils a beaucoup aimé pouvoir saisir de lui même ses joujoux, dès qu’il fut en âge de le faire. Il y a néanmoins des aménagements qui m’ont paru compliqués et inadaptés à notre famille. Le matelas au sol, par exemple. Notre maison n’est pas grande et la chambre de mon fils est étroite, difficile d’y mettre un grand matelas avec tout le reste (armoire, table à langer, etc.) et puis mon aîné a toujours été un bouge-bouge. Je suis sincèrement admirative des enfants qui intègrent l’espace lit et y restent ! Ou encore, l’absence de parc. On l’a peu utilisé. C’est plus un espace de sécurité. J’y mettais mon grand, quand j’avais besoin de faire une activité style aller aux toilettes ou faire du feu. Et mon deuxième, je l’y mets quand mon grand joue de façon... énergique !

En fait, je crois qu’il faut mettre en place ce qui nous intéresse et ne pas se culpabiliser parce qu’on ne suit pas toutes les recommandations . On veut le meilleur pour nos enfants, mais le meilleur, ça reste nous ! Alors tâchons de pas perdre la boule à vouloir trop en faire !

Notre quotidien

Il y a néanmoins deux grands principes que j’ai rapidement intégrés : la responsabilisation et la confiance. Mon enfant est capable. Et quel que soit son rythme, il apprend. Donc avec beaucoup de vigilance et de cadre, nous avons très tôt commencé à introduire les activités qui l’intéressaient. A l’âge de 9 mois, sous ma surveillance, il était capable de donner à son père le matériel demandé : tournevis, clé ou même vis. J’étais mélangée entre surprise, inquiétude et fierté. Bien sûr, rien n’est en accès libre, ce sont des activités cadrées. Mais c’est juste waouh !! 🤩 Les enfants sont extraordinaires, je suis fan !

Vers ses un an, j’ai senti qu’il avait envie de manger seul. Pourquoi pas ? Là il a fallu s’armer de patience !! Mon mari ça le mettait à mal, parce que chaque repas était un vrai carnage. Pas parce qu’il mettait volontairement le bazar. Mais parce qu’apprendre le rôle de chaque élément et la façon de s’en servir ça prend du temps. Et c’est pas grave ! Dédramatisons-nous ! Les vêtements, ça se lave, le sol aussi, le petit aussi ! Quelques mois plus tard, quand il était bien familiarisé avec tout le matériel, je lui ai libéré une étagère dans un placard à sa hauteur et j’y ai mis toute sa vaisselle. Vous auriez vu sa fierté !!

J’étais un peu craintive, parce qu’ouvrir ce placard lui donnait accès, sur les autres étagères, à des choses fragiles (tasses à café ou bouteilles de sirop). Je lui ai expliqué les règles (en haut c’est à papa, en bas c’est à maman et là c’est à toi) et bien il n’a quasiment jamais cherché à y toucher. Il a compris que la confiance était mutuelle. Depuis je lui demande de sortir ce dont il a besoin pour son repas et je trouve ça trop cool !

Il y a également l’aspect non matériel. Montessori prône de laisser l’enfant apprendre et faire par lui-même. Je suis intimement convaincue que c’est une bonne méthode, même si ce n’est pas instinctif de laisser son enfant buter, quand il n’arrive pas à faire quelque chose. Donc dans la plupart des apprentissages, j’ai montré à mon enfant une fois ou deux et je l’ai laissé faire, avec tout mon soutien. Parfois il m’a tendu un cube qu’il n’arrivait pas à faire rentrer et je lui ai remontré. Et puis, il y a la réalité du quotidien. Mon fils apprend à mettre son manteau seul. La plupart du temps, je le laisse faire. Mais quand je suis à la bourre pour le rendez-vous chez le docteur de son frère, ben je lui mets. Il râle, il pleure, il n’est pas content. Je le comprends, je lui dis, je m’excuse de le presser et je lui explique que la vie a son lot d’obligations, que ce n’est pas contre lui, que c’est comme ça.

Bref, je jongle entre mes idéaux de Maman et la vie ! Voilà comment j’ai intégré Montessori dans notre quotidien. J’apprends à faire confiance à mon enfant. Et il m’époustoufle à chaque fois !! Quand je lui confie une mission, comme cueillir les tomates, m’aider à vider le lave-vaisselle, donner à manger au chat ou rentrer du bois pour la cheminée, s’il accepte de le faire (car il est comme tout le monde, il n’a parfois pas envie), il le fait avec sérieux et beaucoup d’application. Et si un accident arrive, un verre qui se casse par exemple, j’essaie toujours de garder mon calme. Le seul qui ne se trompe jamais, c’est celui qui ne fait pas.

Mon dernier essai, c’est l’habillage. J’ai installé des tiroirs à sa hauteur, j’ai mis des icônes (t-shirt, pantalon, chaussettes/slip et nuit) sur chacun et dès qu’il se sentira prêt, il choisira lui-même ses vêtements. Mon mari me dit : « Mais c’est pas possible, il va s’habiller comme un sac ?! » Sûrement que oui dans un premier temps ! Mais ce que je veux apprendre à mon enfant, c’est l'autonomie (toujours avec mon aide bien sûr s’il a besoin) et pas que la vie est un défilé de mode. Et puis je suis sûre qu’il va nous surprendre ! C’est toujours le cas. Et j’ai un vrai sourire fier et attendri en vous disant cela 😊.

Les activités

Avant d’avoir des enfants, je fantasmais sur toutes les activités que j’allais faire avec eux. J’adore les travaux manuels, la cuisine et j’étais (et suis toujours) prête à tout partager avec mes enfants. Seul petit hic. Mon fils ne s’intéresse pas du tout, mais alors pas du tout à tout ça. Et le petit est trop petit. Je n’ai pas mon « Bébé pâte à sel » comme dit mon mari.

J’essaie de temps en temps, les jours de pluie, de glisser un petit atelier peinture ou transvasement (entre autres). Ça l’occupe quelques minutes, m’enfin ça casse pas trois pattes à un canard. Une fois passée la frustration, je me suis recentrée sur ses centres d’intérêts à lui. Il aime faire de la draisienne (il est prêt pour le vélo mais est encore trop petit en taille, hélas), bricoler, jouer avec ses voitures… Ok, mon bonhomme, je m’adapte.

Nous avons fait le choix de mettre nos deux petits mecs dans la même chambre et de faire une salle de jeux. Ça a l’avantage de garder la chambre comme une salle de repos et de calme. Mais aussi d’avoir une pièce où on peut laisser un jeu en cours (même si j’essaie de lui apprendre à ranger à chaque fin d’activité). Toujours pour l’autonomiser, j’ai classé les jouets par bac, j’ai mis des étiquettes avec des dessins dessus pour qu’il sache où va chaque chose et très vite, il a géré comme un chef. Il sait parfaitement où va quoi !

Si comme moi, vous aimez proposer des activités créatives (Ben quoi ? Je ne renonce pas. Il y a beaucoup de tendresse dans le regard de mon fils, quand je fais le pitre avec la farine et la peinture !), je vous recommande chaudement Pinterest et Instagram ! Et il existe également des groupes de mamans sur Facebook qui partagent pleins d’idées, astuces, etc. Bref le net foisonne de Mamans ingénieuses et créatives, profitons-en !

Finalement, on peut mettre bien des choses en place, proposer des ateliers, des aménagements ou des façons de communiquer… Ce qu’il faut, c’est comprendre la philosophie et se l’approprier. Ce qui compte c’est de suivre notre enfant, de l’accompagner dans ses envies d’explorations et dans ses jeux. Il grandit à son rythme. Et comme toutes les méthodes d’éducation, le but de Montessori n’est pas de se perdre ou de se sentir mauvais parent ! C’est une piste à explorer, une mine d’or de suggestions bienveillantes ! Après, c’est à chaque famille de créer son univers, inspiré (ou pas) par Montessori !


1 commentaire

  • Merci pour ce bel article 😊

    Sylvien5

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